27.01.2012
Le chaînon manquant...

Oregon. Hiver 1924. Un indien en transes se transforme en Bigfoot ou Sasquatch (hominidé qui pourrait être le chaînon manquant entre le singe et l’homme). Plus bas, deux chasseurs croient voir un être énorme et poilu. L’un deux tire mais ils ne retrouvent aucune trace de la créature. Le soir, leur cabane est attaquée par des monstres chevelus. Un des chasseurs tranche une main de ce Sasquatch et les autres s’en vont. Roumanie. 1985. Nid d’aigle de Vatra Dornel, demeure du centenaire des Carpates, le milliardaire Feiersinger. Ce dernier est devenu un spécialiste de la cryptozoologie (étude des animaux dont l’existence même est sujette à caution). Il montre cette main embaumée au baroudeur London Donovan. Le milliardaire se lance alors dans des explications complexes concernant les recherches sur les Bigfoot. Il lui montre des militaires aux prises avec de grands hominidés. Puis, il propose à Donovan une expédition en Californie pour trouver un exemplaire vivant de l’espèce. Ils arrivent dans la capitale du Bigfoot, Bluff Creek, où les attend une très jolie indienne qui va leur servir de guide. Ils ont amené avec eux un zoologue et des instruments scientifiques pointus. Vont-ils parvenir à trouver l’impensable ?
Une série parallèle
Le scénariste de Carthago, Christophe Bec n’a pas attendu de terminer sa série Carthago avec Eric Henninot pour lancer une série parallèle (Carthago Adventures) qu’il scénariste chaque fois avec un dessinateur différent. Bec se propose de mettre en scène d’autres créatures mythiques dans ces spin-off. En fait, cet opus précède Carthago 2 où Feiersinger et Donovan sont de la partie, des années plus tard. Ici, l’intrigue est haletante et ne s’embarrasse guère de psychologie. Elle passe en revue tous les témoignages de Bigfoot jamais recensés. Les moyens mis en œuvre pour découvrir la bête sont importants : deux équipes de trois hommes et du matériel sophistiqué. Chacune de leur côté vont connaître des fortunes diverses. L’une est décimée. L’autre voit sans arrêt l’issue de sa quête lui échapper. Le cliffhanger est ébouriffant. Tandis que se noue une romance entre la guide et Donovan, le milliardaire n’est pas au bout de ses peines. Bec concocte une aventure si prenante qu’on en viendrait à croire à ces créatures légendaires. Et, puis, il y a ce mystère qui titille le lecteur : le Bigfoot est-il le chaînon manquant entre l’homme et le singe ? Avec un découpage millimétré, Bec multiplie les actions et nous entraîne dans une course pleine d’imprévus. Graphiquement, le dessinateur Jaouen Salaün nous propose des planches d’un réalisme cru. Les décors sont grandioses. Les hominidés parfaits. Le rendu des expressions tout à fait réussi. Les couleurs splendides.
Une histoire hallucinante pour les amateurs de cryptozoologie et de zoologie…
Marc Bauloye
Carthago Adventures T1 Bluff Creek Salaun Bec Les Humanoïdes Associés
16:20 Publié dans Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cases, phylactères
24.01.2012
Carnage !

Nerveux, angoissés, quatre vauriens attendent dans une voiture qu’un couple, les Boisseau, quittent leur maison pour leur ciné du week-end afin de fracturer leur coffre. Et, le spécialiste en électronique tarde à arriver. Lucas ennuie tout le monde avec l’assurance d’un chevronné ! Les Boisseau s’en vont. La tension monte d’un cran. C’est leur premier casse. Un des jeunes est un familier de la maison. Il trouve la clé pour ouvrir la porte et le système d’alarme pour le neutraliser. Mais, le coffre se révèle mécanique. Pas moyen de l’ouvrir avec des outils électroniques. C’est raté ! Lucas convainc avec brutalité ses copains d’attendre le couple pour lui faire cracher le code. Mauvaise idée…Une surprise colossale les attend !
Une réussite
Cet album est sans doute un des plus réussi du tandem père et fils, Hermann et Yves H. Le scénario d’Yves H. est conçu pour faire surchauffer les neurones et proposer un dénouement totalement surprenant. A la violence va répondre la violence. Le vol devient carnage avec des éléments de férocité, de cruauté et d’atmosphère sanglante. Le scénariste soigne la psychologie de chaque personnage dans cette histoire qui pourrait bien être réelle. Au jeune qui révèle sa sauvagerie répond une réaction d’une bestialité inouïe. Et, le suspense va de pair avec un final dans l’obscurité. Tout cela fonctionne sur un découpage au cordeau qui plaque le lecteur sur la planche. On pense à « Lune de guerre » d’Hermann sur scénario de Jean Van Hamme où un fait divers provoque la guerre entre deux familles qui fêtent un mariage. Ici, pour coller à cette ambiance sombre, Hermann a délaissé la couleur directe pour l’encre de chine et a confié les couleurs à Sébastien Gérard qui en fait un usage décapant. Réaliste et expressif, le trait d’Hermann, restitue à merveille les émotions. A commencer par la peur !
Une histoire forte taillée sur mesure pour le cinéma…
Marc Bauloye
Une nuit de pleine lune Hermann Yves H. Glénat
13:56 Publié dans Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cases, phylactères
18.01.2012
Une petite fille inquiétante...

Etudiante, Pauline fait la connaissance, à la campagne, d’Erwan, dépositaire d’un secret. Disciple de maître Cristo, il est chargé d’une mission dans un monde parallèle. Un univers où les jours comptent pour des années. Malgré elle, Pauline s’y trouve transportée avec lui. Quand ils arrivent au Grand Mort où doit se passer le rituel, Pauline passe son temps à vomir. Pendant qu’Erwan sert de trait d’union entre les deux mondes, Pauline revient dans son univers. A son réveil, Erwan constate qu’un hermaphrodite du petit peuple lui fait l’amour et que ses acolytes ont été empoisonnés. Il revient dans notre monde et part à la recherche de Pauline. Toutefois, il découvre qu’elle est revenue enceinte et que sa fille a trois ans. Ce qui est techniquement impossible selon ses calculs. C’est alors qu’il fait la connaissance de Gaëlle, l’amie de Pauline qui possède un grimoire de Cristo. A force de recherches, les deux nouveaux amis repèrent Pauline à la TV. En fait, Pauline va très mal et décide de retourner à la campagne. Et, c’est par un concours de circonstances qu’Erwan la retrouve. La jeune femme paraît très inquiète. Comme si elle avait peur de sa propre fille, Blanche, à la peau laiteuse et aux yeux perçants. Elle avoue ne rien comprendre à sa grossesse et à l’âge de sa fille qu’elle a porté trois mois seulement. Des événements tragiques sont liés au passage de Blanche et Pauline déménage souvent. Erwan parvient à l’apprivoiser. Comment Blanche va-t-elle réagir aux sentiments que sa mère porte à Erwan ? Que devient le petit peuple ?
Les retrouvailles
C’est une belle brochette de talents qui officie sur la série du Grand Mort. Jean-Blaise Djian s’est associé à Loisel lui-même pour le scénario. Sous forme de quête initiatique, le premier volume, passionnant, reprenait des éléments fantastiques avec des interconnexions entre deux mondes dépendants l’un de l’autre. On y campait des personnages forts et des mystères qui faisaient la trame de l’histoire. Plus tard, dans un Paris en proie au chaos, les acteurs se cherchaient sans se trouver… Cet opus permet enfin les retrouvailles. Mais, le scénario se centre sur Blanche, omniprésente, mystérieuse, inquiétante, aux pouvoirs maléfiques. Et, des explications sont données concernant cette maternité qui aurait débuté dans le monde du petit peuple. On reste d’ailleurs sur sa faim puisque rien ne s’y passe pour le moment. Mais, les scénaristes parviennent à stigmatiser les problèmes de notre planète : misère, maladie, solitude, chômage, désordres, destruction de la flore et de la faune. Ils soignent la psychologie de leurs personnages et terminent sur le sentiment d’amour. On peut toutefois regretter la lenteur de l’histoire. Le graphisme de Vincent Mallié sert à merveille le récit avec l’ambiance d’une ville en proie à tous les maux. Son trait expressif crée des personnages attachants voire inquiétants. Il parvient à créer une atmosphère angoissante. Et, il est aussi à l’aise dans le monde moderne que dans l’univers fantastique. Les couleurs de Lapierre sont chaudes, agréables puis plus dures.
Un épisode clé qui donne des réponses et qui nous plonge dans d’autres mystères…
Marc Bauloye
Le Grand Mort T3 Blanche Mallié Loisel Djian Vents d’Ouest
17:46 Publié dans Bande dessinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cases, phylactères

