14.11.2009

Judas et la colère divine

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Péloponnèse. Un berger fait une découverte archéologique sans précédent dans une crypte: les manuscrits de Nicodemus (qui attestent que Judas ne se serait pas suicidé après avoir vendu Jésus) et un coffre contenant un des trente deniers que l’Iscariote avait reçu pour sa trahison. Cette trouvaille va intéresser Mortimer invité en Grèce par le docteur Markopoulos, conservateur du musée d’Athènes, qui attribue un pouvoir maléfique et destructeur au denier trouvé. Mais, le richissime homme d’affaire Beloukian, l’ancien nazi von Stahl, compte sur la valeur spirituelle de ces pièces de monnaie chargées de la colère divine pour devenir le maître du monde. Pour l’aider dans cette quête et récupérer ce trésor dans la tombe de Judas, dont personne ne connaît l’emplacement, il organise l’évasion d’Olrik du pénitencier de Jacksonville. Pendant que Blake participe à une réunion à Washington au siège du FBI visant à identifier l’instigateur de l’enlèvement d’Olrik, Mortimer est victime de plusieurs tentatives d’assassinat. Pour élucider le mystère des trente deniers, tous les protagonistes se lancent à la recherche du tombeau de Judas. Mortimer parviendra-t-il à déjouer les pièges tendus par Olrik ? La suite dans l’album et dans le second épisode de ce diptyque…

Dans l’esprit de Jacobs

Huit ans après L’Etrange Rendez-vous, Jean Van Hamme signe à nouveau un scénario riche en rebondissements d’une aventure des héros d’Edgar P. Jacobs. Après avoir traité l’espionnage et la science, le scénariste base son histoire sur l’archéologie et l’ésotérisme dans la grande tradition du Mystère de la Grande Pyramide. Il a choisi un thème propre à enflammer les imaginations: à l’instar de la quête du Saint-Graal et de l’Arche d’Alliance, ce qu’il est advenu de Judas et de ses deniers demeure un mystère insoluble et insondable. Malgré une légère invraisemblance (Mortimer sauve sa vie en lançant une pantoufle sur un tueur lancé à ses trousses), l’action est menée tambour battant et alterne, sans provoquer d’ennui, avec de longues explications comme le faisait Jacobs. La mise en place des personnages – notamment féminins- et des enjeux ne traîne pas. Les coups de théâtre s’enchaînent de façon trépidante et le rythme est soutenu. On est forcé de constater dans ce scénario, réalisé en 2004, de parfaites adéquations avec l’esprit jacobsien et on est obligé de reconnaître que Van Hamme maîtrise son sujet aussi bien, si pas mieux, qu’Yves Sente qui, avec André Juillard, fait partie de la seconde équipe des repreneurs de Blake et Mortimer. La Malédiction des trente deniers est chargé d’émotions puisque son dessinateur, René Sterne (Adler) est décédé en 2006 alors qu’il n’était qu’à la moitié de l’album. Avec sa ligne claire, il avait parfaitement épousé le style de Jacobs avec sa mise en scène cinématographique, son souci du détail et son réalisme. Sa compagne, Chantal De Spiegeleer (Madila), a voulu terminer l’album dont elle faisait déjà les couleurs. Elle est parvenue à trouver le même esprit graphique et la même précision au niveau des décors et des personnages, offrant aussi un éclairage particulier à l’ensemble. Les couleurs superbes donnent tout son éclat à ce premier épisode. Mais, c’est un inconnu, Aubin Frechon, qui dessinera le second. Il aura fallu attendre cinq ans pour voir cette aventure – maudite ?- achevée, mais le résultat dépasse toutes les espérances.

Un thriller ésotérique moderne qui ravira les fans de Jacobs et séduira les autres…

Marc Bauloye

Blake et Mortimer T19 La malédiction des trente deniers Première partie Sterne De Spiegeleer Van Hamme Dargaud

 

 

 

 

 

 

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